Métapraxis est une agence spécialisée en muséographie et médiation muséographique. La muséographie est communément perçue comme un faisceau de pratiques hétérogènes, une pratique hybride en quelque sorte, qui recourt à différents savoir-faire, à différents champs de connaissance ou encore à un ensemble de compétences.


C'est vrai dans la mesure où la muséographie n'est pas une science, qu'elle commence à peine à explorer ses substrats épistémologiques et qu'elle est loin d'avoir formalisé la production de ses savoirs. C'est faux dans la mesure où la muséographie est de plus en plus convoquée, seule ou en appui, à réfléchir et à inscrire dans un édifice la présentation des objets ou des oeuvres mais surtout leur représentation c'est-à-dire construire des relations spécifiques entre les humains et des objets particuliers dans l'espace public.


Casa del Alabado, museo d'art precolombien, Quito, Equateur - © Daniel Schmitt

Pour ce faire, elle propose des stratégies spatiales et cognitives qui tendent à autonomiser sa pratique et qui la distinguent de l'art architectural seul. La muséographie trouve une légitimité, non pas dans le supplément disciplinaire et pratique qu'elle apporte à l'architecture, mais dans la nature même du lien qu'elle tisse entre les objets et les humains, en particulier lorsqu'ils sont appelés à venir en nombre et que le langage architectural, y compris celui de l'architecture savante ne suffit pas en lui-même pour dire la complexité de l'oeuvre ou de l'objet, ses relations, son histoire, son enseignement.


Nous concevons ainsi la muséographie comme un environnement singulier où se développe un processus de réalité objectivée. C’est un lieu qui dit ce que les humains identifient, collectent, conservent pour signifier leurs valeurs esthétiques et leurs connaissances scientifiques mais aussi pour dire et partager l’amusant ou l’étrange, pour manifester le sacré ou le transcendant.


De par ses collections et de par ses intentions, tout projet muséal est unique, et ce, même si l'on retrouve très fréquemment des attentes similaires tant chez les responsables politiques que chez les responsables des institutions muséales. Justement, nous devons soigneusement interroger cette similarité et résister à reproduire ce qui semble avoir produit un objet remarquable parce que l'objet remarquable est avant tout le produit d'une histoire unique.


Casa del Alabado, museo d'art precolombien, Quito, Equateur - © Daniel Schmitt

In fine, si une grande partie de ce qu'est une œuvre dépend des capacités sensibles et intellectuelles des visiteurs, c'est précisément cette interaction que nous construisons en tant qu'expérience cognitive globale : sensitive, intellectuelle, émotionnelle, esthétique. Ainsi la muséographie peut déployer toute l’intensité, la richesse et les multiples dimensions de sens que portent en germe un lieu et des collections.